Chronique Maniac

Chronique: CSGO entre évolution et inertie

Récemment, Valve est sorti de l’ombre pour introduire un changement majeur dans la structure compétitive de Counter-Strike : Global Offensive. C’est une rotation de map qui a créé la surprise avec Ancient, une carte à l’identité similaire à Aztec, qui a remplacé Train.

Au-delà de d’approuver ou non cette rotation, j’aimerais saisir l’occasion pour discuter de la stratégie de communication de Valve et des réactions que cela peut provoquer. Pour dire les choses simplement, je suis généralement satisfait et très optimiste sur l’état dans lequel se trouve l’esports et CS:GO. Cela dit, je comprends les quelques tensions et je sais que l’environnement dans lequel j’ai grandi n’est plus le même aujourd’hui. 

Une concurrence sans précédent

Lorsque j’avais dix ans et que mon cousin m’a présenté Half-Life, et le mode CS, je devais me rendre chez lui pour jouer. Ensuite, lorsque j’ai finalement eu un ordinateur, chaque nouvelle mise-à-jour devait être gravée sur un CD, ce que je ne savais pas faire, puis installer. C’était une expérience pénible, pleine d’erreurs et de bugs, mais malheureusement nécessaire et puisque j’aimais le jeu avec passion, je ne me posais aucune question. Si je compare ces premiers temps à l’environnement que nous avons aujourd’hui, j’aurais tendance à dire que nous nageons dans le bonheur. Seulement, j’ai bien conscience que les choses ont changé. L’utilisateur moyen de jeux-vidéo a une patience limitée.

Si un jeu plaît mais que ses développeurs tardent à fixer certains problèmes centraux, la communauté s’en délasse à une vitesse terrifiante. C’est un processus relativement unique et récent dans l’histoire des jeux-vidéos. Il y a une offre maintenant tellement grande et grandement accessible qu’il est risqué de ne pas écouter attentivement les plaintes communautaires. A ce titre, il est important que Valve s’applique à régler certains couacs récurrents et maintienne la communauté aussi satisfaite et investie que possible.

L’avantage sur lequel Valve s’appuie est que Counter-Strike a une communauté de joueurs transgénérationnelle et très fidèle. Notre tolérance est plus élevée que la moyenne, c’est le moins que je puisse dire. Une grande partie d’entre nous s’avère loyale à CS par vent et par pluie, dont définitivement ma personne.  

Une perspective différente

Ma perspective sur l’état de CS:GO est coopérative. Ce que je veux dire, c’est que je comprends non seulement certaines plaintes de la communauté, sur les serveurs 64 tick ou les problèmes de cheat, mais je respecte également la vision et les décisions prises par Valve de manière générale.

Je pense que Valve et la communauté partagent, au final, le même intérêt pour que CS:GO continue de prospérer et que la base de joueurs augmente autant que possible. Si les gens sont contents, ils continueront de jouer. Il y a un intérêt commun ici. Croyez-moi, les décisions de Valve m’ont parfois coûté cher dans ma carrière. Néanmoins, je vous encourage à être nuancé dans le message que l’on relaie à propos de notre jeu. Est-ce qu’il y a des choses à améliorer? Sans le moindre doute. Est-ce que Valve ne fait rien et “se fiche de CS:GO” absolument pas.

Nous avons une scène active, de belles compétitions et, en soi, c’est une chance formidable dont nous devons nous réjouir. Il est toujours permis de se plaindre et de soulever des problèmes de manière constructive, cela ne veut pas dire mordre la main qui nous nourrit. Il y a un entre-deux à trouver. 

mm

Mathieu "Maniac" Quiquerez

Chroniqueur

Mathieu 'Maniac' Quiquerez est un des experts de la scène internationale de CS:GO. Ancien joueur professionnel durant plusieurs années, notamment chez LDLC et Titan, également ancien coach pour EnVyUs, il travaille maintenant comme analyste/expert pour les compétitions les prestigieuses du monde.

Mehr von Mathieu "Maniac" Quiquerez
signaler une nouveauté
Follow Us
Stay in the game!

Abonne notre bulletin maintenant!

Follow Us
eSports.ch