Interview E-LVETS : « Innover, c’est ce qu’on aime faire »

Présent depuis 2015 sur la scène suisse, E-LVETS reste une structure à part dans notre paysage esport. Fier de son système associatif, engagé sur des jeux originaux et actif depuis cinq ans non-stop, Boris Mayencourt, président, nous raconte en long et en large, le passé, le présent et l’avenir de son organisation.

Lyo : Salut Boris, comme à chaque interview, on commence par la signification du pseudo. Alors explique-nous d’où vient « Swisside » ?

Boris : C’est simplement un jeu de mot, comme E-LVETS d’ailleurs. Swisside, qui veut dire du côté de la Suisse, mais qu’on peut aussi lire « suicide ». Je laisse à chacun l’interprétation de mon pseudo.

Sur le site internet de la structure, on retrouve l’explication des débuts. Peux-tu nous raconter plus en détails, ton envie de fonder une association esportive ?

Nous étions une simple équipe League of Legends et à l’époque nous voulions créer une famille avec nos envies, amener de la diversité et surtout, il y avait de la demande. Aujourd’hui c’est bien différent, dans chaque grande ville de Suisse, on trouve une équipe esport. Cinq ans plus tôt, ce n’était pas le cas.

Si tu devais faire un constat de l’esport en Suisse, ce serait quoi ?

Sur les derniers mois, je ferais un constat positif.

Il y a plein de nouvelles initiatives avec des organisations qui se créent comme Edelweiss ou BDS. Il y a une bonne énergie avec la Radio Télévision Suisse qui s’investis dans notre milieu. Esport.ch qui est toujours là. La communauté genevoise qui est très soudée. On peut aussi parler du nouveau board SESF qui amène une nouvelle dynamique et je leur souhaite bonne chance, car ils ne sont pas dans la position la plus facile. Enfin j’aimerais glisser un mot pour la SMGL, qui est pratiquement unique au monde. Accompagnée par Pro Helvetia, c’est comme si c’était l’état qui était derrière ce projet et on le souligne pas assez.

Justement selon toi, qu’est-ce qu’il faut faire pour continuer d’évoluer en suisse ?

Je pense qu’il manque des fédérations cantonales. Un organisme dédié à la promotion de l’esport par région pour les clubs. C’est une structure nécessaire pour continuer à avancer. Éviter d’avoir une structure qui représente un canton, mais plutôt un canton qui représente les structures. Il faudrait un peu plus de fédéralisme ce qui est un comble pour nous, trouver une unité malgré nos différences, en évitant les guerres et construire une fédération qui n’aura pas comme seule but de donner de l’argent aux clubs.

Quel est le prochain objectif pour E-LVETS ?

Nous sommes en train de préparer les cinq ans de l’association. C’est un projet qui nous prend beaucoup de temps et j’espère que le rendu sera vraiment incroyable. Ensuite logiquement, maintenir nos équipes actuelles, continuer de faire progresser nos joueurs et surtout nos joueurs mineurs avec un suivi toujours plus complet.

Vous êtes sur un modèle associatif, où tous les membres payent, est-ce que tu penses que ce système peut perdurer ?

Nous faisons ça depuis cinq ans et nous serons là dans quinze ou vingt ans grâce à ce modèle-là. Nous avons créé une association sans entrer financière, tous les autres modèles, de type associatif sont trop risqués. Si vous êtes une entreprise comme mYinsanity et Edelweiss ou une association soutenue par un club comme Xamax ou Lausanne, alors oui, vous pouvez utiliser un autre modèle que le nôtre, mais sinon je trouve ça très dangereux.

D’ailleurs, on nous reproche souvent de ne pas avoir de sponsor, mais grâce à ce modèle, nous n’en avons pas besoin. On fait vivre la structure grâce aux membres et avec notre système de palier de cotisations vous pouvez avoir un droit de décisions sur ce qui est fait. Nous pouvons les déclarer aux impôts, nous ne payons pas d’impôts dessus alors qu’un partenariat financier, il faut le déclarer et payer des impôts dessus mais bon… je suis sûr que peu d’association déclare quoique ce soit.

Vous avez une photo avec plus de cent membres, est-ce facile de gérer autant de personnes ?

Alors c’est clairement très dur. C’est d’ailleurs pour ça que nous avons grandement réduit les membres de la structure. Mais nous devions laisser beaucoup de liberté aux équipes. Le manager, le coach ou simplement le capitaine géraient de A à Z les inscriptions, les entraînements etc… Ensuite, en cas de besoin ils venaient vers nous pour discuter argent, recrutement ou maillot.

Nous n’avions pas d’autres choix – comme tout le monde – les membres travaillent huit heures par jours et tout le temps pour E-LVETS est pris sur nos loisirs donc à un moment, il a fallu réduire. Il faut savoir qu’au début, il n’y avait pas de système de recrutement. Si vous étiez une équipe et que vous vouliez rejoindre l’association, il suffisait de demander. Nous acceptions tout le monde. Après quand nous arrivions avec une armée à la PolyLan, j’avoue c’était une période très difficile à organiser avec la comptabilité, la facturation et les habits.

Avec le temps, nous avons eu plus de concurrences, trop d’attentes de la part des joueurs comparés à ce que nous pouvions offrir, ce qui a réduit naturellement le nombre de membres à une quarantaine aujourd’hui et c’est très bien, je ne regrette rien.

Torrix (président du Lausanne esport) a fait un classement des structures helvétiques dans lequel il dit qu’avec l’avance que vous aviez il y a deux ans, vous devriez être dans les premières équipes du pays. Es-tu d’accord avec ça ?

Pour moi, n’importe quel classement est forcément subjectif. Donc non, je ne suis pas en accord avec cette phrase. Cela dépend des objectifs de chacun. Pendant trois ans, nous étions à fond, mais nous avons été rattrapés par la vie, si j’ose dire. Le travail, la famille et nous avons levé le pied.

Cependant, nous avons la meilleure équipe Brawlstar, les meilleurs joueurs « Magic ». Tout dépend des points de vue de chacun. Aujourd’hui, nous pouvons voir des équipes « Smash » dans beaucoup de structures mais à l’époque nous faisions partie des premiers avec Destany et je pense que nous avons une pépite avec Neo.

On est content des jeux que nous avons. Par exemple, après le départ de Sifodias, qui était le grand spécialiste de League of Legends, nous avons décidé de lâcher ce jeu car la communauté autour de cette scène ne nous intéressait plus. Innover, c’est ce qu’on aime faire et on va essayer de continuer à le faire. En revanche, vous ne me verrez jamais faire un classement de structure. (Rires)

Vous avez une équipe complètement suisse-allemande, ce qui est assez rare pour un club romand, c’est une organisation particulière ?

Nous l’avions déjà vécu avec Destany. Si je peux donner un conseil, je dirai que d’avoir des joueurs romands et suisse-allemands dans une même équipe, c’est difficile à gérer. Sinon pour notre équipe Brawlstar qui est suisse-allemande, tout s’est fait naturellement et tout se passe bien. Avec la situation actuelle, il est difficile de se rencontrer, mais nous avons pu le faire à la SwitzerLan et c’était super cool. Ils ont même décidé de re-signer avec nous. Pour répondre directement à la question, une organisation administrative en anglais et il travaillent en suisse-allemand.

Pour terminer, est-ce qu’il y a des jeux qu’E-LVETS aimerait ajouter à ses line up ??

Pour l’instant pas, mais j’aime beaucoup les jeux suisses. Nous aimerions avoir plus de représentants sur des jeux suisses et surtout dans la « SMGL », mais sinon je suis très content. Ah oui ! peut-être un « FPS », pourquoi pas.

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Julio Mestre

Redakteur

Amoureux de sports, c’est logiquement le premier Pro Evolution Soccer qui a conduit Julio dans le monde du jeux vidéo. N’ayant aucun talent pour les FPS, Dofus sera son MMORPG de prédilection avant de découvrir Rainbow 6 Siège qui ne quitte plus son esprit depuis. Compétitif sur Fifa en club pro, le cast sur Twitch de ce même jeu occupe le reste de son temps libre. Il adore rapporter tout ce qui se passe dans l’univers du gaming via l’écriture ou la vidéo

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