La controverse autour du SESL

Un bon mois s’est écoulée depuis que Prefire The League a été rebatisé Swiss eSports League. Dans ces entrefaites, les débats ont fait rage. Il est temps de faire le point.

3…2…1…0… et là le compte à rebours se remet en marche. Que s‘est-il passé ? En principe le nouveau site Web de Prefire The League devait ouvrir ses portes autour de 20.00 heures lundi dernier. Mais quelques minutes auparavant le serveur a capoté et s’est payé un petit roupillon au moment le plus inopportun.
Ainsi le nouveau nom « Swiss eSports League » a dû attendre encore quelques minutes supplémentaires, avant de pouvoir être présenté au public.

Commentaires sur tous les réseaux

Quelques minutes à peine s’étaient écoulées depuis vingt heures ; il n’a pas fallu pas attendre très longtemps pour que les premiers commentaires se mettent à crépiter et semer la discorde sur Facebook et Twitter. Si le SeSF était réellement décidé à faire la ligue. Si le SESL était la ligue officielle, etc. Après une première discussion publique, celle-ci se poursuivit ensuite exclusivement entre les membres de la Swiss e-Sports Federation. Pour apporter un peu de lumière dans le chaos, nous avons parlé avec quelques-uns des protagonistes.

Du côté de l’association, grâce au président Vinzenz Kögler, nous sommes en contact régulier avec Prefire The League depuis février 2017. L’idée était aussi que Prefire devienne l’association suisse officielle de la ligue. On a également vu les premiers efforts en ce sens avec la Swiss Nationals. Cependant les discussions ne sont jamais allées plus loin.

SeSF ≠ SESL

Avec le SeSF, on est arrivé à la conclusion que Prefire The League fonctionne sans soutien de l’association, et que la Swiss Nationals a un format différent.
Le remaniement de Swiss eSports League a donc plutôt pris l’association par surprise. Certes, deux membres de l’association ont été informés une semaine avant le lancement, mais l’ensemble de l’équipe ne l’a été qu’un jour avant le live. Dès lors, il ne restait que peu de temps pour apporter d’éventuelles modifications.

Tout le monde a le même but

Pour conclure la discussion, nous avons parlé des prochains objectifs du SeSF. On s’efforce, une fois encore, de rester sur la ligne diplomatique. Le SeSF s’inquiète de ce qu’il y a à faire, pour que les tournois et les ligues soient reconnus de manière officielle. Puis on cherche le dialogue avec le SESL. Parallèlement, le SESL doit présenter ses plans et objectifs lors de la prochaine réunion générale. En principe, toutes les organisations en Suisse ont le même but : développer davantage l’eSport en Suisse. Bien-sûr, ainsi que le précise Kögler, chacun s’y prend selon son art et sa manière.

Les efforts actuels concédés par l’association consistent à faire reconnaître par Swiss Olympic l’eSport en tant que sport officiel. Il existe même à cet effet un comité spécial, qui sera dirigé par Nicolas Pidancet. Durant la conversation, Pidancet a aussi clairement précisé qu’un nouveau nom serait dommageable pour la reconnaissance de l’eSport. En effet, conformément aux statuts de Swiss Olympic, l’association responsable doit « mettre en place un système de compétition nationale […] et en ce qui concerne la quantité et la qualité des participants, occuper une place prédominante en Suisse. » (statuts de l’Olympic suisse. 2.2.1.4 c)

Les jeux dans les statuts de Swiss Olympic

Comme pour le moment le SeSF et le SESL n’ont rien à faire l’un avec l’autre et que le SESL est clairement le plus grand organisateur de ligues et tournois en Suisse, on ne remplit pas les critères imposés par l’Olympic suisse. Pidancet critique aussi le système qui consiste à ce que personne ne soit informé et qu’au sein du monde de l’eSport, l’on ne communique pas davantage. Par ailleurs, il souhaite que les équipes aient un droit de parole en ce qui concerne la ligue et que celle-ci soit organisée par une organisation sans profit.

Actuellement Swiss eSports League rédige tout même un règlement et les équipes peuvent y adhérer ou non – nous sommes encore loin de la mise en place d‘un droit de parole. Il établit aussi une comparaison avec le football ou le hockey sur glace, où les équipes doivent avoir validé les changements de statuts et de règlements dans le cadre des deux ligues les plus importantes.
Mais Pidancet est confiant sur le fait que les différents protagonistes se mettront autour d’une table et trouveront une solution d’ici le mois d‘avril. En avril s’achève le délai de remise d’un nom officiel pour l’inscription à Swiss Olympic.

SESL, l’aboutissement logique de Prefire

Pour une organisation sans profit, il ne serait pas possible à long terme d’organiser une telle ligue avec un niveau de qualité aussi élevé. L’équipe responsable devrait pouvoir s’y consacrer exclusivement, et n’avoir aucun autre projet en cours ou aucune autre mission à mener dans le domaine de l’eSport. De cela, le CEO de Prefire et gestionnaire de Swiss eSports League, Jonas Eichelberger, en est convaincu. Seule une organisation indépendante, laquelle placerait en tête de ses préoccupations les doléances des joueurs, serait capable d’organiser ligues et coupes à un niveau professionnel.

Mais le SeSF n’a jusqu’ici donné aucun indice quant à l’organisation de sa propre ligue. De plus, afin d’assurer un fonctionnement parfait, différents experts indépendants comme les joueurs les plus qualifiés seraient consultés sur toutes les modifications de règlements et statuts.

La communauté aurait pourtant souhaité qu’une telle avancée se mette en place, et c’est aussi en cela que réside le projet Prefire The League. Après un an de phase pilote, on est suffisamment avancé pour passer à l’étape suivante. En conséquence, à Prefire on a également réfléchi en conséquence sur un nouveau nom. À l’analyse, on s’est vite rendu compte que le nom de Prefire The League possède une puissance de rayonnement modérée. On a par conséquent opté pour un changement de nom. De ce fait, avec SESL, on espère approcher un plus grand nombre de joueurs, mais également se faire ouvrir davantage de portes auprès des sponsors.

Focus sur la communauté

Si l’on peut aller de l’avant avec un nom possédant plus d’impact, l’ensemble de la communauté ne pourra qu’en profiter, et peut-être aussi espérer remporter des prix plus importants. Jusqu’ici, les retours des différents médias (Blick, 99damage, etc.) démontrent que le nom choisi est le bon. Avec Prefire The League, c’était toujours plus compliqué.
Par ailleurs, le SESL et Eichelberger souhaitent mettre au clair le fait qu’en aucun cas ils ne souhaitent agir contre le SeSF, mais au contraire travailler conjointement sur une base amicale.

Pourtant, il ajoute tout aussi clairement que l’an passé, les ambitions du SeSF n’étaient pas toutes très tangibles. Cependant, cette année on reste ouvert à de nouvelles discussions et une requête pour l’enregistrement du nouveau nom a été présentée au SeSF.

Le point de vue de deux joueurs

Nous voulions aussi inclure le point de vue des joueurs, c’est pourquoi nous avons demandé leur avis à Sandro « Sharper » Nowoczin et Ali « Lagily » Nasserzadeh.
Dès le début Sharper s’est montré quelque peu dissident : « D’après ce que je sais, le SeSF n’est pas reconnu au niveau national ni par Swiss Olympic. Pourquoi cela lui importerait-il, qu’un nom de ligue sonne officiellement ? »

Le SESL ne s’appelle pas non plus THE Swiss eSports League ou quelque chose comme ça. Si c’était le cas, ce serait à son avis tout aussi critiquable. Mais au sein de la communauté, aussi bien le SeSF en tant qu’association, que le SESL – préalablement Prefire – sont reconnus comme étant les organisateurs de ligue les plus importants. C’est l’opinion majoritaire chez les joueurs. Par ailleurs tous deux auraient déjà travaillé l’an passé dans le cadre de la Swiss Nationals.

Officiel ou non – c’est LA ligue en fonctionnement

L’avis de Lagily va dans une direction comparable. Le SESL est devenu entre-temps une organisation professionnelle – notamment depuis le changement de nom et le nouveau site web. Par ailleurs les organisateurs ont toujours été très ouverts à la discussion et auraient accordé de l’importance à ce feedback. De son point de vue le changement de nom a du sens, car Prefire est issu de la scène CS : GO et n’a rien à voir avec les autres jeux.

Swiss eSports League sonne beaucoup mieux, notamment à l’oreille des sponsors. Il se demande aussi quel avantage aurait le SESL à travailler avec le SeSF, car les joueurs sont plus ou moins sur la plateforme et le SeSF peut être très fier qu’un tel projet naisse de la communauté.

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Reto Canova

Moderator & Content Marketing

Reto rapporte passionnément et toujours de bonne humeur, en allemand et en français, sur les événements actuels de la scène de l’eSport suisse. Passionné de jeux de la première heure et même joueur de compétition, il s'entretient avec des personnalités de l’eSport sur des stratégies, analyse les actions en jeu ou se bat contre d'autres Tryhards en ligne. Ces derniers temps on le retrouve aussi souvant sur sa chaine Twitch.

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