Le Suisse dans l’univers international de l’eSports

Derrière ses platines, Damian Fink s’assure que des millions de fans puissent profiter, dans leur salon, d’une excellente qualité audio lors d’événements d’eSports tels que les Riot Games.

Stade olympique de Pékin, fin novembre. Plus de 50 000 personnes sont quasiment en transe dans le « nid d’oiseau » alors que deux équipes se livrent un duel sans merci avec League of Legends. En effet, il ne s’agit pas moins que de la finale mondiale, mettant en jeu plusieurs millions de dollars.

Au milieu de cet énorme événement, un Suisse. Pas derrière son clavier, mais derrière ses platines. Damian Fink, technicien du son, règne sur le signal audio qui permet à plus de 60 millions de spectateurs du monde entier de profiter d’une excellente qualité audio sur Twitch.ch.

Une formation un peu différente

Même dans ses rêves les plus fous, Damian Fink n’aurait jamais imaginé se retrouver à de tels événements de gaming ou devant un tel public. Tout a commencé il y a trois ans et demi, alors que l’Helvète âgé de 40 ans travaillait encore en indépendant pour une entreprise d’audio et formait un technicien de League of Legends aux platines. Jusqu’à ce moment, il ne connaissait presque rien à l’eSports. « Plus jeune, je jouais de temps en temps à FIFA avec mes copains.  Nous aurions apprécié des compétitions d’eSports. » Un énorme studio construit juste pour retransmettre de tels événements l’a donc tout de suite fasciné.


Photo: Damian Fink

De Late Night à l’eSports

Six mois à peine après sa visite, le technicien de Riot Games l’a contacté. En effet, on avait besoin d’un nouvel ingénieur du son pour la construction d’une arène d’eSports à Santa Monica – aujourd’hui, deux complexes de ce type ont vu le jour.  Le moment était idéal. La dernière émission du Late Night Show de Jay Leno s’approchait, dans laquelle Fink avait travaillé comme technicien pendant cinq ans. Ayant émigré définitivement à Los Angeles en 2007 après une formation, il n’eut pas à réfléchir longtemps.

Six semaines en Chine

L’eSports a beaucoup évolué aux USA entre le moment où il a signé le contrat et les finales mondiales de 2017. « J’ai commencé par travailler deux jours. Entre-temps, c’est un job à plein temps. » Pendant la saison, 50 à 60 personnes produisent la ligue européenne en semaine. Le week-end, place aux États-Unis. Lors des championnats susmentionnés, Fink faisait partie d’une équipe de 250 personnes, qui a séjourné pendant six semaines en Chine.


Photo: Damian Fink

Une courbe ascendante

L’eSports ne cesse de croître. Avec l’arrivée d’organisations de la NBA, cette forme de compétition devient mainstream aux États-Unis également. Par exemple, la chaîne sportive ESPN diffuse des contenus d’eSports une fois par semaine et des fabricants de jeux comme Blizzard ont leurs propres studios. « Cela n’est pas près de s’arrêter », est convaincu Damian Fink. Il cite par exemple les bourses d’études accordées par des universités renommées –  une ligue universitaire est déjà établie aux USA.

Par manque de temps, le Zurichois d’originaire, père d’un fils de un an, ne joue que sporadiquement.   Il ne peut cependant pas complètement résister à l’attrait de l’eSports. « Lorsque vous êtes entouré au quotidien de passionnés, vous vous prenez automatiquement au jeu ». Pour lui, un autre emploi est donc hors de question. Il apprécie ses collègues et l’ambiance. « Nous pouvons également réaliser des idées assez peu conventionnelles, ce qui serait impossible chez un fournisseur de médias classique. »

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Oliver Lutz

Redakteur & Produktmanager

Oli a traversé toute l'école de la console de NES à Playstation 4. Dans les titres d’eSport sur PC, il est significativement plus noob que pro. Quand il ne soutient pas négativement son équipe dans Overwatch, l'ancien journaliste travaille sur des concepts pour eSports.ch et ses environs.

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