Statu Quo du sport électronique suisse

Comparaison internationale

 L’Allemagne, la Corée du Sud, la Suisse et les États-Unis sont les précurseurs du sport électronique dans le monde entier.

 Le phénomène e-sport s’est également établi dans d’autres pays depuis maintenant presque deux décennies. Des associations professionnelles, des ligues sponsorisées, d’innombrables tournois hors ligne, de gigantesques LAN party, des prix dotés qui se chiffrent en millions et le statut de sport officiel dans huit pays : voilà la place occupée par le sport électronique aujourd’hui.

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Pour tous ceux qui ne l’ont pas encore vu. Une illustration parlante sur les proportions dans le monde du sport électronique.

Restons dans un premier temps en Europe. La Suède est et reste le meilleur pays. Avec ses 9,8 millions d’habitants, la Suède est certes un peu plus grande que la Suisse d’un point de vue démographique. Mais en ce qui concerne la situation économique, politique et religieuse, les similarités entre nos deux pays sont immenses.

 La différence est nettement plus importante dans le domaine du sport électronique. Les premiers clans ont vu le jour dès les années 1990, comme par exemple le clan SK Gaming (1997) [SK Gaming link]. Ces derniers ont remporté de nombreux succès lors des plus grands tournois du monde au cours des 20 dernière années. Ils sont non seulement toujours actifs aujourd’hui, mais également toujours aussi excellents !

Pendant ce temps, d’un point de vue relatif, la concurrence suisse est encore à ses débuts. Quasiment aucune des organisations à succès n’a atteint son 10ème anniversaire. C’est pourquoi, en ce qui concerne les infrastructures et surtout l’expérience, nous avons dix années complètes à rattraper !

C’est exactement cette avance au niveau des infrastructures et de l’acceptation qui engendre toute une série d’effets positifs. Des ligues professionnelles et des grands tournois proposent aux équipes des revenus supplémentaires grâce à des prix dotés et des possibilités pour se profiler. Cela attire bien sûr les sponsors. Ils sont prêts à soutenir des équipes étant donné que celles-ci touchent un vaste public grâce à des apparitions permanentes dans les tournois, dans les streamings et dans les médias sociaux. Et ces fans viennent assister en masse aux LAN party et aux tournois. Ainsi, ces tournois sont des événements rentables qui valent la peine d’être organisés. Et la boucle est bouclée.

C’est la sécurité financière qui permet aux joueurs suédois d’exercer le « gaming » en tant que métier principal et de se concentrer sur leur entraînement au même titre que d’autres sportifs professionnels. Il est bien sûr d’autant plus difficile de se faire une place dans ce milieu en tant que joueur amateur.

Joueur professionnel – Made in Switzerland

Deux des noms les plus connus de la scène e-sport suisse sont le genevois Karim “Airwaks” Benghalia, joueur de l’équipe Roccat pour la LCS (League of Legends Championship Series) et Mathieu “Maniac” Quiquerez, professionnel de Counter-Strike et ancien entraîneur de l’équipe Envyus.

Avec sa place au sein de la LCS, la ligue e-sport la mieux dotée, Airwaks est l’un des joueurs suisses qui comptabilise le plus de succès. Maniac est actuellement le joueur suisse le mieux payé avec plus de 45 000 dollars de revenus accumulés au fil de sa carrière.

S’il était en Suède, Maniac serait seulement à la 67ème place.

Jusqu’à présent, ces deux joueurs ne sont malheureusement que des cas isolés. Mais de plus en plus de joueurs suisses sont en route pour le niveau international ou parviennent à faire partir d’équipes sur la scène mondiale. En ce moment même, une délégation suisse est en route pour Jakarta où a lieu le 8ème championnat du monde de sport électronique [sesf link], dont le meilleur prix est doté de 250 000 dollars. L’année passée, lors du même tournoi, l’ancienne équipe DeadPixels League of Legends est arrivée à la 4ème place.

Bien culturel : LAN party

Nos propres événements sont également sur la bonne voie. L’événement SwitzerLAN a lieu pour la 3ème fois et a doublé d’envergure chaque année ! Un parcours très similaire à celui de la LAN party suédoise DreamHack [link] que l’on peut considérer comme la plus grande manifestation itinérante de l’univers du sport électronique.

Non seulement l’évolution du nombre de participants est impressionnante, mais l’ensemble des divertissements proposés autour du salon prend de plus en plus d’ampleur : développeurs de jeu, courses de drones, plusieurs concours de « cosplay », plus d’une douzaine d’exposants et un programme d’animation permanent pour les visiteurs sur deux scènes.

Et la Suisse a encore plus à offrir ! La culture LAN jouit d’une excellente réputation dans notre pays. Il y a déjà eu en 2016 plus d’une demi-douzaine d’événements LAN en réseau avec un nombre de participants bien au-delà de 250 joueurs ainsi que de nombreuses réunions conviviales de moindre envergure au cours de l’année entière.

Une page d’histoire a été écrite le 25 septembre 2016. La Swiss Association for Esports and Gaming (SAEG – association suisse pour le sport électronique et le jeu) est le nom de la nouvelle fédération suisse. Toutes les équipes importantes, les organisations, les gestionnaires d’événements et les sites Web informatifs du pays sont disponibles sous une seule bannière afin de faire passer l’e-sport suisse dans une nouvelle ère. Et cela avec un sponsor puissant : la banque Raiffeisenbank ! Nous vous informerons très bientôt plus en détails à propos de la SAEG.

Ce qui est sûr, c’est qu’une fédération d’une telle ampleur est unique au monde. En Corée du Sud, le ministère de la culture est directement en charge du sport électronique. Depuis le 1er juillet de cette année, l’Angleterre dispose également d’un département e-sport au niveau politique. Les unions restantes ne disposent pas d’un tel soutien financier et elles sont loin de couvrir autant de domaines que la SAEG.

La communauté suisse de sport électronique va vivre un changement considérable lors des prochaines années mais sa responsabilité n’en sera que plus importante. Ceci est la première étape vers une professionnalisation complète du paysage du sport électronique de notre pays.

L’année 2017 va constituer un nouveau jalon pour nous tous et je me sens plus qu’honoré de pouvoir participer personnellement à ces transformations.

J’espère de tout cœur, chers lecteurs et chères lectrices, que vous nous accompagnerez au cours de ce nouveau chapitre du sport électronique suisse.

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Rafael Kink

Kolumnist

Rafael est un connaisseur de longue date de la scène eSports et soutient notre équipe avec son savoir-faire. En raison de son expérience dans presque tous les domaines des sports électroniques ainsi que de la plupart des titres eSport, il n'y a pas de sujet auquel il ne puisse ajouter sa moutarde. Toutes les 2 semaines, vous pouvez découvrir Rafael en action pendant la tea time.

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